dimanche 3 janvier 2010

Nouvelle année...

Parce qu'une année vient de se terminer ... Une année riche en stress, et la mort annoncée d'une maternité.
Parce qu'une nouvelle année vient de débuter... avec un avenir professionnel plus que bouché.
Mais aussi parce qu'un petit bébé grandit tranquillement dans mon ventre...
Parce que mes enfants m'émerveillent chaque jour un peu plus.
Parce que mon Rémy s'est vu diagnostiquer une maladie rare, pas si grave, mais qui a su ébranler nos coeurs de parents.
Alors je sais maintenant qu'il faut relativiser.
Se dire que rien ne peut nous toucher...
Que ce qui compte, c'est bel et bien une bonne santé.
Alors je souhaite une belle année à tout ceux que j'aime, et surtout, surtout une excellente santé.

samedi 11 juillet 2009

la fin




ça y est.
C'est annoncé.
on redoutait tellement ce moment là, et il est quand même arrivé.
Il est loin l'espoir qui nous animait, en décembre quand il a fallu manifester. Il y avait une belle banderole, porteuse de promesses, portée par les élus, non moins beaux parleurs qui nous ont fait espérer encore et encore. cela ne pouvait pas, cela n'arriverait pas, la justice serait là. Elle, elle l'a été, a tenu ses promesses... D'autres moins. Aucun soutien, comme le village gaulois, jalousé par son harmonie et sa bonne ambiance. Mais aujourd'hui les palissades du village gaulois se sont effondrées. Et ses habitants aussi. Car c'est sûr, bientôt ce lieu de naissance n'existera plus.



Je pense aujourd'hui à tout ceux et toutes celles qui y ont vu le jour, dont Quentin, bien sûr. Je pense à mon amertume chaque jour grandissant jusqu'au jour fatidique où il faudra éteindre les scialytiques, pour de bon, à jamais. Plus aucun cri de nouveau-né ne viendra résonner dans ses murs.
Vide.
Vide de vie, vide d'espoir, un peu comme moi aujourd'hui.
Déçue, blessée, la peur au ventre d'y retourner.
Ecoeurée par tant d'indifférence .
Je pense à celles et ceux aussi qui venaient à nous par choix, parce qu'ils voulaient autre chose pour la naissance de leur bébé. L'étau se resserre, et bientôt, il faudra faire de plus en plus de kilomètres pour accoucher, dans des centres de plus en plus grands, deshumanisés.
C'est triste,très triste la mort d'une maternité.
Au moins aurais-je eu la chance d'y travailler, d'y rire.
Travailler avec des collègues formidables, des médecins respectueux des compétences de chacun.
Travailler en riant, souvent, au minimum une fois par jour .
2 ans de bonheur, au moins.
C'est mieux que rien .
Mais j'aurai tellement aimé aller plus loin...

mercredi 17 juin 2009

Trois ans



Il a ouvert le bal des anniversaires. Il n'arrive pas encore à dire son prénom, ni son âge, mais il sait nommer son futur cadeau, et sait que le soir du 16 juin, les cadeaux seront pour lui, rien que pour lui. Il est très excité, fait pleins de sottises, impatients lui aussi, à sa façon. Il a vu sa maman mettre la jolie nappe, préparer un gâteau, et se dépêcher pour tout préparer.




Ce petit bonhomme, aux grands yeux bleus, a pris place au creux de moi encore une fois en septembre. Comme son grand frère. L'utérus doit être particulièrement accueillant ce mois-là !Un petit brin d'homme qui a décidé que le 15 juin n'était pas une bonne date pour naître, malgré les protestations et les peurs de sa maman. Une maman qui avait somme toute envie de garder son petit au creux de son ventre, peur de lâcher ce bébé, peur que cela soit le dernier. Peur de ne plus sentir jamais les doux mouvements d'une vie à naître. Certaines ont peur d'accoucher, d'avoir mal, de recontrer leur bébé...Ce n'était pas cette peur là qui me tenait.
Fin de nuit : j'avais provoqué moi-même mes contractions, tellement peur de dépasser le terme, tellement peur de devoir subir un accouchement médicalisé.Et puis ces contractions se sont calmées, et j'ai dormi, d'un sommeil de plomb. Au réveil, la déception n'en était que plus grande, le moral au plus bas, ce bébé ne viendra donc pas ? Et puis doucement, les contractions ont repris, après un petit coup de fil à la sage-femme si sage, là-bas, dans ses monts du lyonnais. Elle a su mettre des mots sur ce temps prolongé, sur cette peur qui me hantait, et je me suis libérée, j'ai courbé l'échine, j'ai accepté... Ce sera peut-être mon dernier bébé. Le travail pouvait commencer .
Sa naissance a été intense, des douleurs dans les reins, inconnues jusqu'à maintenant. Un travail a la maison, librement, dans les bras de l'homme chéri, sous les yeux de ma princesse. Une baignoire tellement apaisante avec son eau chaude relaxante. Je me revois suspendue accrochant mon homme de toutes mes forces, la douleur si forte, la hâte d'en finir. Et puis la poussée , libératrice, à genoux dans l'eau... une petite tête gluante dans ma main, et son corps tout entier glisse de moi. Moment de rencontre inoubliable... Petit corps doux et chaud contre ma peau. A peine quelques sanglots, un petit coeur qui bat bien, une jolie couleur rose, mon bébé tout calme va bien. Je sens sous mes doigts une paire de testicules ... C'est donc un garçon... Voici Rémy !Ses yeux se sont fermés. Sa respiration est calme. On dirait qu'il termine sa nuit. Je suis si bien ...
Rémy a été un bébé calme, doux. Bébé têteur, comme son frère, pendant plus de 2 ans. Un enfant encore un peu poupon, que j'ai maintenant du mal encore à laisser grandir. Ce sera toujours mon bébé... Mon dernier petit bébé. Ce bébé là, avec toute sa force et sa volonté vient de souffler ses trois bougies.


Très fier.
Très beau.



L'âge est là, en septembre, ce sera l'école pour mon petit brin d'homme.

Petit homme tendre qui vient encore se câliner au creux du bras de sa maman, le pouce dans la bouche, l'autre main caressant son lobe d'oreille.
Il faut en profiter, bientôt ce ne sera plus pareil...

samedi 6 juin 2009

Chat va bien...

Notre maisonnée comprend deux nouveaux habitants. Cela faisait longtemps que j'en avais envie, les loulous aussi. Mais c'était sans compter un papa un peu opposé, un peu réfractaire à l'arrivée de petits compagnons. Minouchette avait commencé à le faire changer. Et puis elle était partie. Ce n'était pas encore la saison des chatons, alors on a attendu. Une petite annonce chez le vétérinaire. Un numéro de téléphone. Un monsieur qui nous annonce qu'il a bien 5 petits chats à donner, mais qu'ils viennent juste de naître, qu'il faudra patienter.

Fin mai, ils sont quasiment sevrés. Il était temps d'aller les rencontrer. 5 chatons : un roux, une noire et feu ( comme sa maman, angora de surcroît) , deux noirs et un blanc et noir déjà promis à une famille. Je m'approche avec Quentin. Dans le panier, un petit roux et un petit noir se reposent, repus après la tétée. Le petit roux semble tout timide tout peureux. Il se laisse caresser tandis que le noir nous crache. J'aime bien le petit roux, il me rappelle une des dernières chattes qu'on avait avec mes parents " Miche". Louloupapa est d'accord. Laura s'extasient devant les petits, elle aime bien aussi la petite femelle qui ressemble à sa maman et qui a l'air très dégourdie ! Le rendez-vous est donné avec le monsieur, pour venir le chercher.
Grosse semaine, pas le temps de leur acheter un panier, pour qu'il se sente bien. Louloupapa m'assure qu'il s'en charge et quand je rentre le soir, je découvre un panier à la taille imposante, où au moins 5 chatons pourraient se loger ! Devant mon étonnement, il réagit et me confie qu'il a réfléchis : Un petit chat tout seul s'ennuie, alors que deux... ça serait mieux ! Bien. Nous voilà donc contre toute attente partis pour deux minous au lieu d'un.

Le lendemain, après l'école, le moment est venu d'aller les chercher. Un peu perdus, un peu déboussolés, je leur installe un petit coin à eux, dans la salle d'eau contigüe à la salle de jeux. Le enfants sont très contents, mais les petits chatons ont peur, il me faut me fâcher pour que les loulous les laisse respirer et prendre leurs marques.
A ce jour, ils se sont bien acclimatés. Si au départ, ils n'osaient pas sortir de la salle de jeux, immense territoire de découverte, où plein de choses trainent et les amusent, ils se sont risqués dans le salon, sur le canapé. Et depuis une semaine, ils ronronnent quand on les caresse.





Il reste encore du boulot pour que les loulous, surtout Rémy ne leur fasse pas de mal. il a tendance à les confondre avec des peluches, et il n'en est pas à sa première griffure !





Quant à leur éducation : les chats me fascinent: A peine arrivés, ils ont de suite été dans leur litière et à ce jour, aucun incident à déplorer !




Pourvu que chat dure !

mercredi 20 mai 2009

Amie

Il y a des amies dont on sait qu'elles seront toujours là. Même si les nouvelles sont données plus ou moins régulièrement, même si le temps passe , inéluctablement. Cette amitié est souvent bien enracinée.



Elle a un an de moins que moi. On s'est rencontrée au foyer, le foyer de jeunes filles où j'ai passé trois belles années de ma vie, pendant le lycée. J'avais décidé alors à 15 ans qu'il était temps de quitter le nid, le cocon familial, et j'étais partie au lycée à Lyon. Il fallait un hebergement, j'ai trouvé une deuxième famille dans ce foyer : des religieuses, d'abord, d'autres personnes tout aussi extraordinaires, et puis des amies... La séparation a été difficile. Entre partir sur le papier et se retrouver seule dans sa chambre " bambi", il y a un abysse. Heureusement, la collectivité a du bon. Rapidement, des amitiés se sont liées, bien obligé.


Elle est arrivée un an après moi. Je n'avais pas voulu changer d'étage, et cette fois, j'avais une chambre plus grande. Cette année, j'étais gâtée : 3 violonistes et une violoncellistes pour me bercer. Les chambres avaient une cloison fine comme du papier. Alors les heures de travail de mes amies musiciennes ont rythmé mes devoirs, lectures et leçons.
Elle jouait du violon. Son instrument, c'était son amoureux. Elle y passait du temps, encore et encore. Ses doigts agiles égrenait les notes sans difficulté, l'archet virevoltait dans les airs. Jamais vraiment satisfaite. Toujours à travailler plus.
La dernière année, nous avons eu la chance de partager deux chambres contigües isolées du reste . Au-dessus de l'accueil, douche privative pour nous deux. Une espèce de co-location, au sein même de la collectivité. On le souhaitait , naturellement, et seules les filles sages avaient le droit d'y loger. Les liens se sont ressérés, encore plus. Et le violon tout naturellement là pour m'enchanter. Pour Elle, la collectivité était difficile à vivre. Elle s'échappait de plus en plus, pour retourner dans le cocon familial. Moi, dans la préparation du bac jusqu'au cou, un amoureux déjà trouvé, c'était moins difficile.
Puis j'ai quitté le foyer... Et nos chemins se sont petit à petit séparés. Pourtant elle n'est pas loin. 45 minutes de voiture, au plus. Une amitié un peu mise de côté, happée dans le tourbillon de nos vies. Une halte par moment: c'est tout naturellement à elle que j 'ai pensé pour mon mariage, pour l'inviter, mais aussi qu'elle me fasse le bonheur de jouer de son art, au sein de cette église à l'acoustique extraordinaire. Rien que de la voir placer son violon au creux de son cou, j'ai eu des frissons, et des larmes au bord des yeux. Beau cadeau, vraiment. On s'est un peu retrouvé dernièrement, elle qui connaît aussi maintenant le bonheur d'être maman. Rapprochées par la maternité, les liens se sont de nouveaux resserés. Alors quand elle m'a annoncé qu'elle venait jouer à côté, je n'ai pas resisté. On a même pris le temps de se voir, de papoter. Et j'ai emmené Quentin, pour lui faire entendre du vrai, du beau. Elle était là accompagnée de 6 autres musiciens. Et la voir jouer m'a de nouveau fait pleurer. L'émotion trop grande, des souvenirs qui remontent par bouffée. Ce corps à corps avec l'instrument à la fois tendre et si intense. Après, on a été la féliciter et l'embrasser.
Un cadeau de plus de la vie.

Un moment magique dans la folie de nos vies.
Merci.

jeudi 14 mai 2009

Grimaces



La soirée était gaie. Un soir sans école le lendemain, où on peut prendre le temps de vivre, sans se stresser à regarder la pendule toutes les 5 minutes :timing pressé, maman énervée, pas de temps pour rigoler. Là c'était différent. Je ne sais plus qui a commencé. Se défigurer, tirer sur ses yeux, sa bouche, à en faire baver... Et puis surtout se contempler, ne pas en perdre une miette, et rigoler. Chacun son tour, ou un peu tous à la fois. Se ridiculiser, se moquer, et encore rigoler.Même le plus petit a essayé.Même moi, j'ai participé.






Il faut dire, le ridicule ne tue pas, sinon, cela ferait longtemps que la terre serait dépeuplée.



Rire avec ses enfants, à gorge déployée. Rire à en pleurer. Rire à en avoir mal au ventre. Reprendre son souffle enfin , et puis recommencer. Qu' y a-t-il de meilleur? Des moments gravés, à ne jamais oublier, et surtout dès que l'occasion se présente, à recommencer !

mercredi 29 avril 2009

Quatre générations

Le repas de Pâques était délicieux. Mamie mamie est un vrai cordon bleu. Mais tout le monde le sait bien, de la Bourgogne à la Savoie en passant par le midi.On s'est régalé, à peine trop mangé. C'était parfait. Rien ne vaut un tour à la petite fête foraine de Pâques pour digérer. Les loulous sont sur-excités à l'idée de faire du manège. Et puis cette fête est incontournable, même si elle s'est réduite comme peau de chagrin. C'est l'endroit où louloupapa et moi nous sommes rencontrés, le début d'une longue et belle histoire, qui j'espère n'est pas prêt de s'arrêter. Il y a 17 ans tout rond cette année.

Le soleil a même fait une apparition plus soutenue, nous pemettant de laisser les blousons dans la voiture.

Autrefois,sur cette place, il y avait encore des autos tamponneuses, une chenille et des tas de stands. Aujourd'hui, il ne reste que deux manèges pour les petits et un trampoline pour les plus grands enfants. De l'occupation de la place entière, elle n'en occupe plus que le quart. Il reste aussi et fort heureuement une pêche aux canards, et une loterie, avec les deux dames habituelles à la voix nasillarde.

A peine arrivés, c'est le manège qui l'a emporté. Laura s'est précipitée, avant même que les billets soient achetés.Suivie de près par Rémy, un peu hésitant quand même. Le choix est vite fait, c'est la moto qui a la primeur. Laura conduit, Rémy dans le side-car. Le manège démarre enfin... Si au début tout se passe bien, rapidement, Laura se met à pleurer. De plus en plus fort, elle semble inconsolable. Rémy n'est pas perturbé par le chagrin de sa soeur et profite du vent et de la vitesse en riant. Le manège ne semble plus vouloir s'arrêter, et pourtant ma puce pleure toutes les larmes de son corps. Enfin, le tour se termine, et on ne saura pas vraiment ce qui l'a effrayé.Toujours est il qu'elle ne veut plus remonter. Rémy change de manège au gré des tours : un bus, puis une auto, puis un engin volant, un hélicoptère.

Quentin a essayé quant à lui le trampoline, mais il a le rebond peu facile. Suspendu en l'air par le baudrier, ce n'est finalement pas vraiment sa tasse de thé.

Il se rabat donc sur le manège des petits. Encore un peu petit pour pouvoir monter et un peu grand pour montrer son plaisir. Il attrape même le ponpon ! Entre temps, nana a attrapé moults canards multicolors, a gagné des bulles à souffler et un ballon en forme de grosminet, qui viendra complèter la panoplie de jouets en tous genres de la maison.





Public averti, nous nous sommes assises pour regarder les deux garçons tournoyer. Quatre générations de femmes côte à côte. Quasiment 170 ans de vie réunie ! J'étais déjà très fière, enfant, quand on était toutes les 3, mais alors avec ma nana en plus, quel bonheur !



Les garçons ont fini par se lasser. Assez de vent, assez de vitesse. C'est sans un cri, ni un caprice que nous avons quitté cette petite fête. Là dans la voiture, sur le chemin de la maison, Laura et Rémy se sont endormis... le pouce dans la bouche.Nul doute qu'ils étaient encore sur des manèges.. mais en rêve cette fois !

lundi 27 avril 2009

Pâques

Un peu de retard dans les récits... Pas d'inspiration, et pourtant, de belles photos. Alors en voyant les visages réjouis lors de la recherche des oeufs que les lapins de Pâques avaient déposés, l'inspiration est revenue... subitement.



Il avait plu cette nuit-là. Louloupapa était rentré tôt le matin, après une nuit à rouler et a hésité à cacher les oeufs dans l'herbe détrempée. Alors il est allé se coucher pour quelques heures, avant de se relever pour aller manger chez mamie mamie, bon repas en prévision, chocolat à foison.

Juste avant de partir, il avait eu le temps. Vite fait, il s'est sauvé pendant que j'enfilais les chaussures et les blousons. En catimini, cachés sous sa veste, les oeufs en chocolat dans leur papiers brillants. Il a réussi à les semer sans qu'aucun intrus ne vienne le déranger ni le regarde par la fenêtre. Drôlement doué ce louloupapa.

Arrivés dans le sous-sol, près à monter en voiture, la mémoire nous est soudain revenue.... ah mais oui, les lapins de Pâques sont sûrement passés, on les avait oubliés ! La surprise fait place à l'excitation et à peine la porte ouverte, tous se ruent dans le jardin, à la recherche des précieux trésors.






Quentin en tête, bien sûr, avide de découverte. On est même obligés de le freiner. Il est grand, on sait qu'il n'aura pas de difficulté à trouver.Laura flane dans le jardin, le nez en l'air. A-t-elle cru qu'il fallait chercher les cloches dans le ciel ? Après explication, la voilà qui cherche enfin au bon endroit, dans les herbes folles du jardin. Rémy voit bien qu'il doit chercher quelque chose. Alors on le guide, l'encourage, l'aide un peu, pour que lui aussi ait son lot de bonbons chocolatés.




Le lapin a été circonspect : il ne s'est pas trop étourdi dans ce jardin, et a mis tous les oeufs dans le même coin, pour faciliter les recherches. Sitôt la majorité de la récolte ramassée, on les laisse encore un peu chercher, pour le plaisir. Et puis , les jonquilles ne demandent qu'à être cueillies, pour faire plaisir à mamie mamie.







Le butin est énorme. Le lapin a été encore très généreux cette année. Et puis, il a eu la délicatesse de passer aussi chez la mamie. Il a même laissé un chocolat à son effigie.


Vraiment, ce lapin, il est trop gentil !

vendredi 3 avril 2009

trop tôt

Quand la vie va trop vite, que le temps nous échappe...



Elle arrive pour des contractions. Elle avait appelé, un peu avant, et ma consoeur lui avait dit de venir. C'est un quatrième bébé, un quatrième garçon : "on ne se faisait pas trop d'illusion", me dira cette maman. Tout s'est toujours bien passé, de la grossesse à la naissance, chacun des enfants est né à son moment, au bon moment. Là déjà c'est différent. Bébé ne doit pointer le bout de son nez que dans 7 semaines. Mais cette maman, d'un calme et d'une maîtrise inouïe, doute. Le toucher vaginal me confirmera ses craintes. Le travail a commencé, et déjà bien avancé. le docteur prévenu, on tente d'arrêter le processus. Une perfusion censée stopper les contractions est installée. Il faut attendre. Voir si ça va marcher. Les questions fusent : pourquoi, comment, et si...??? Non il n'y a pas de culpabilité à avoir. Non, un examen plus tôt n'aurait pas changé les choses. Oui, ce bébé sera trop petit pour rester ici. Oui ce sera un bébé prématuré, avec les difficultées liées à sa sortie précoce du ventre maternel. L'évidence est là. On croise les doigts... Pourvu qu'on puisse tenir quelques jours. Allez, seulement 1 semaine, ou 2 et déjà bébé restera là.
Les contractions sont toujours là. La maman est concentrée, zen. Elle voit bien que rien n'a changé. Le temps est supendu, on oscille entre espoir et inquiétude.

D'un seul coup tout s'accélère. la poche des eaux se rompt. Le liquide est étrangement sanglant. De mon expérience, je n'ai jamais vu un liquide de cette couleur. Mon pouls s'acélère, je suis seule, mes collègues sont parties manger. Pas le temps de sonner. Il faut appeler le docteur, changer de salle, examiner... Pendant ce temps, le coeur de bébé ralentit. Les filles accourent, on se dépêche, vite vite, il faut y aller, il faut sortir ce bébé. Ce n'est pas un premier, le col est entièrement dilaté, on s'installe pour la poussée, le gynéco et le pédiatre ne sont même pas encore arrivés. Tant pis, il faut faire sans eux. Je croise le regard perdu de cette maman et de ce papa. Ils auraient tant aimé que ce bébé reste encore un peu. Pas le temps de rassurer. L'urgence est là, il faut pousser. La petite tête progresse bien, la maman met tout son courage, fait fi de sa peur et pousse admirablement bien. La tête est sur le point de sortir, je me fais la reflexion qu'il n'est pas si petit, ce bébé. Le docteur est arrivé, mais n'intervient pas, mes décisions sont les bonnes. Je pose enfin ce petit sur le ventre de sa maman. Il est couvert de ce liquide sanglant. Je vois le papa se reculer, épouvanté, les larmes aux yeux. Tout en coupant le cordon, j'essaie de rassurer. Bébé pouse un petit cri, bouge ses membres. Me voilà un peu rassurée. Mais vite déjà il faut l'emmener.Pas le temps de le regarder, pas le temps de faire connaissance, ma collègue l'attend et le pédiatre arrive. Je retourne vers la maman, inquiètée par ses saignements.Il ne manquerait plus qu'une hémorragie, vraiment. Mais non. Le flot s'est calmé depuis la sortie du bébé. Je peux prendre le temps d'attendre le placenta. A vrai dire on l'attend de pied ferme celui-là, en espérant une réponse à ce liquide plein de sang. Il arrive enfin, dans les temps, normal, sans aucune anomalie. Je peux enfin aller voir le bébé, pris en charge par le pédiatre. Petit bout d'homme a bien démarré, mais juste après a un peu oublié de respirer.Malgré tout, il réagit bien, et n'a pas besoin d'un tube dans sa gorge. Sa respiration est hésitante, chaotique, on le stimule, le pique, pas une minute de répit pour ce tout-petit. Ce n'est pas un grand prématuré, mais il a besoin d'être aidé, alors on lui donne un peu d'oxygène. Il récupère vite ce qui est très bon signe, mais il ne peut rester là. C'est la loi. Avant 34 semaines d'aménorrhée, un tout petit doit être muté, dans une autre structure, mieux équipée. Et puis, il a besoin d'oxygène, c'est évident, et puis on ne sait jamais ce qui peut arriver. Le SMUR pédiatrique a été appelé et viendra le chercher. En attendant, je demande au papa d'aller chercher les plus grands enfants, pour qu'ils voient leur petit frère tout juste né. Quand pourront-ils le revoir après ? Je n'en sais rien, alors rapidement, il va les chercher.




Sitôt arrivés, on les laisse entrer. Ils sont ébahis devant ce tout petit. Intimidés par les blouses blanches qui virevoltent autour de lui. Le papa filme leurs premiers regards, ils sont si attendrissants. J'aimerai tant qu'ils puissent le prendre dans leurs bras, l'arracher à ses fils et que ce soit sur le ventre de la maman qu'il le voie pour la première fois. Ce n'est pas possible, je le sais bien, alors on les laisse entre hommes, tous les 4, un semblant d'intimité, un moment volé, on recule à pas feutrés dans le couloir.

La maman va bien, un peu secouée, un peu fatiguée. Cela ne fait encore pas deux heures qu'elle a accouché. Mais je vois bien qu'elle meure d'envie d'être auprès de ses garçons. Alors faisant fi des protocoles, je l'aide à se lever, et en fauteuil roulant je vais l'accompagner vers son bébé, et sa tribu au complet. Je les laisse savourer, créer ce lien si ténu avant le grand départ, dans une autre ville, plus loin, dans un lieu moins accessible pour eux 6. Comme par enchantement, la respiration du petit se fait plus calmement, il a même ouvert un oeil, en entendant ses grands frères chuchoter. Le pédiatre en serait presque stupéfait. Pas moi. Je sais. Je sais que ce bébé a senti ses frères, son papa et sa maman auprès de lui. Je sais que tout ce stress qu'on lui a infligé alors depuis sa naissance s'est enfin un peu estompé. Et que du coup, littéralement, il peut respirer. Mais c'est de courte durée, bien sûr. Il est encore trop faible, et il lui faut encore de l'oxygène, un petit peu.


Le SMUR pédiatrique arrive alors. Les plus grands s'eclipsent. Et la maman reste un temps; à moitié rassurée. Puis je la raccompagne en salle d'accouchement. Il faut qu'ils préparent tout- petit à son transfert.

Je sors moi aussi, et le pédiatre s'en va. Je les laisse travailler tranquillement, je sais l'infirmière très douce et expérimentée avec ces petits nés trop tôt.

Ils restent longtemps. Il faut du temps et de la patience pour manipuler tout-petit.

Puis, le docteur pédiatre spécialiste va voir la maman. Il lui explique à quoi elle doit s'attendre, la rassurer aussi, car tout petit n'est pas si petit. Puis à ma grande surprise , il l'a fait revenir dans la salle des bébés. Pour une longue et magnifique séance de peau à peau. Pas deux secondes volées, non, un long moment où les deux se retrouvent et peuvent enfin se toucher, se sentir, se contempler. Malgré tous les fils, malgré la perfusion, c'est possible. On sent bien que le médecin et la puericultrice ont le temps. Enfin, ils le prennent le temps, ce temps si important , ce temps manqué à la sortie de bébé, ce temps merveilleux, qui m'émeut, me met les larmes aux yeux.





Je retourne à mes papiers.

Et c'est enfin le moment du départ. Tout-petit est installé dans la couveuse de transport. Sa maman lui touche une dernière fois la main, le coeur en mille morceaux. Cette maman si zen et courageuse est complètement dévastée par le départ de son bébé. Je suis triste moi aussi, je pense savoir ce qu'elle ressent, on essaie de rendre la séparation moins dure; mais c'est inéluctable. On suit son bébé jusqu'à l'ambulance. On attend que les portes se referment et qu'ils démarrent, enfin, emportant tout-petit loin de sa maman, des siens, pour quelque temps.

Je raccompagne la maman dans sa chambre, l'aide à s'installer dans son lit. Elle se met à pleurer, librement. C'est trop dur de voir son bébé partir ainsi, loin. C'est trop dur de ne pas pouvoir aussi l'allaiter, comme les grands frères, là tout de suite. C'est vraiment trop dur. C'est un coeur de maman brisé, et je suis de nouveau moi aussi aux bords des larmes. Je la rassure et déjà lui propose de tirer son lait. Pour stimuler, pour collecter le précieux brevage dont son bébé a encore plus besoin que les autres bébés. Elle acepte bien sûr. Elle sait que c'est la seule chose qui la rapproche tant de son bébé. Je lui promets le tire-lait plus tard, dans la soirée, pour l'instant elle doit se reposer. Reprendre des forces pour aller le retrouver, dès que ce sera possible.



Tout petit sera bien arrivé, et aura bien récupéré. Aujourd'hui, date de l'article, j'ai su par son papa que le grand jour est arrivé. Il va pouvoir rentrer chez lui, retrouver son doux et chaud foyer, bien entouré, 3 semaines après avoir quitté le ventre de sa maman. Après reflexion, la sortie du ventre de maman était question de survie. La placenta, envoyé en analyse a livré son secret : Si le travail ne s'était pas déclenché, tout-petit ne serait certainement pas là, le placenta s'est abîmé, et aurait fini par se décoller.

La nature s'en est une fois de plus mêlé.


La nature a tout orchestré, pour sauver la vie de ce petit bébé.

mardi 24 mars 2009

Petitou

8h30 : J'ai mal dormi. Un rhume commence tout jeust à apparaître. mal aux sinus, le nez à moitié bouché, je me prépare à travailler.

9h :Je suis entrée dans la chambre. Je les connaissais pour les avoir vus une fois en consultation. Petit couple jeune, amoureux, touchant, ils m'avaient plu. On avait plaisanté et je m'étais dit comme souvent que j'aimerai bien être là le jour de la naissance de leur bébé, pour les accompagner.

On y était . Elle, ne savait plus trop où. Des contractions depuis plusieurs jours l'avaient désarçonné, fait douter, à chaque fois le col ne s'était que peu modifié. La poche des eaux était fissurée, maintenant depuis longtemps. Alors ce matin là, ils étaient dans une logique de médicalisation. On leur avait dit : vous serez certainement déclenchée. Leur espoir et leurs attentes étaient cependant différentes. Le moral au plus bas, ils m'ont suivi, jusqu'en salle d'accouchement. Et là, le toucher vaginal me révèle un col bien modifié, l'espoir renaît, le déclenchement supsendu. Le bébé va bien, son petit coeur galope sur le monitoring, je suis confiante, sereine. Je leur propose d'emblée de déambuler pour favoriser les choses, puis un temps après, je les envoie se promener dans les couloirs de l'hôpital, monter et descendre les escaliers afin d'activer les contractions.

Le travail avance très doucement, comme dans les livres, deux heures après le premier toucher, le col ne s'est ouvert que d'un centimètre. Mais bébé va bien. Ils sont beaux tous les deux dans cette pièce au dauphin. Ils ont mis leur musique, elle se suspend à l'écharpe, va sur le ballon, ou marche. Son souffle régulier accompagne les contractions, et lui la soutient de façon merveilleuse.


13h15 :Juste un petit moment pour manger. Repas vite englouti, pour retrouver les deux patientes en travail.


13h35 : Dans la salle au dauphin, l'ambiance est toujours aussi calme, zen. Mais les contractions commencent à trop s' espacer, la dynamique se gâte. Elle a sûrement besoin de ce temps là pour se reposer, pour récupérer. Mais mon partogramme ne peut pas se le permettre. Et après l'évidence de la quasi disparition des contractions, et ce col qui ne se modifie plus, il me faut appeler le docteur. J'avais un peu anticipé. Avait tout bien expliqué. Il fallait mettre une perfusion, maintenant. On pouvait quand même rester dans cette pièce, rester debout, accroupie.Le monitoring sans fil le permet, et puis, bébé va très bien, on peut se laisser du temps. Le docteur est d'accord, mais commence à noircir le tableau. Le mot " césarienne " est lâché. Je vois les yeux de me petite dame s'embuer, l'émotion la traverser. Lui, sans vouloir laisser paraître son émoi, aquiesce. Oui, ils ont bien compris. Je reviens leur parler, leur expliquer : il ne manque que des contractions pour tout faire céder. Toutes les autres conditions sont là. Il n'y a pas de raison que ça ne marche pas.

Le temps passe. Les contractions reviennent, artificilelles cette fois. Elles sont trop courtes, anarchiques. L'utérus ne se laisse pas faire. Le col se raidit sous l'offensive. Je dois bien me rendre à l'évidence. ça ne bouge pas. Ils lisent le doute dans mes yeux. J'ai utilisé tout mon attirail thérapeutique, même l'homéopathie. Rien. Alors je rappelle le docteur. Je l'imagine déjà leur annonçant le passage au bloc. Tout ce qu'ils ne veulent pas, tout sauf ça. J'essaie de faire patienter le docteur. Avec une péridurale , le col va lâcher, c'est sûr. Je veux y croire, pour eux. Même si la péridurale n'était pas leur premier choix, c'est une option à ne pas négliger, du moment que naisse naturellement leur bébé. Là encore, pas trop de choix. Ils se laissent faire. On change de salle, on casse le doux cocon.Fini le ballon, la suspension. Voilà le temps de se coucher sur le dos, de se trouver arnaché de de fils et monitorings en tout genre. Ils sont déçus, je le vois bien. Mais c'est la dernière chance, la toute dernière.


17h15 :La péridurale est posée, je peux augmenter le goutte à goutte pour renforcer les contractions. Il faut encore patienter, voir si ça va marcher.

18h15: Le toucher vaginal qui peut tout changer : non. Rien , pas un centimètre. Je n'ose même plus les regarder. Ils ont les yeux rivés sur mon visage, attendant de moi une bonne nouvelle. Non, décidemment ce col ne veut pas laisser passer ce bébé. Ils ont compris, sans que je leur ai dit quoi que ce soit. Je dois rappeler le docteur, mais les jeux sont faits. La césarienne ne peut plus être évitée, et le temps commence à m'échapper. J'ai en même temps une autre dame à gérer, qui elle est sur le point d'accoucher. Des consultations en même temps, qui viennent se rassurer ou pour accoucher. J'ai une tonne de papiers et de dossiers en retard. Je ne sais plus où donner de la tête. Je ne peux plus les accompagner comme je le voudrai. Prendre le temps de leur expliquer la césarienne, la rassurer encore et encore. La féliciter aussi de ce travail accompli, la déculpabiliser, que ce n'est pas sa faute. Je n'ai plus de temps, malheureusement. Je ne la verrai même pas partir au bloc...occupée à accompagner l'autre dame à accoucher.


19:00 Je vois le papa dans le couloir qui attend son nouveau-né. Je peux prendre 5 minutes pour lui parler, l'autre bébé est né. Je le rassure encore, lui aussi, un peu oublié dans la précipitation. Il voudrait mettre son bébé en peau à peau, dès que possible. J'attends avec lui. Bébé arrive. Il est blanc, bleu. Il ne respire pas. On le sent tout étourdi de ce qui vient de lui arriver. Le docteur pédiatre le stimule et il réagit. Il crie. Mais reste toujours pâle. Il a froid. Il est perdu. On l'essuie, le secoue pour le faire crier. Même pas le temps de se reposer. Le pédiatre est inquiet. Petitou respire mal. Petitou n'a pas bien expulsé de ses poumons le liquide qui était dedans. A cause de la césarienne. Le papa est là. Courageux. Il touche son fils. Il meure d'envie de le prendre. Mais il a à peine de la place pour passer. Son bébé est aspiré, ventilé, oxygéné. pas de place pour l'humanité. Il faut l'examiner, le sauver. Petitou a froid. encore. Alors au lieu de la peau chaude et accueillante de son papa, on le met en couveuse. Univers chaud, aseptisé.On lui met une cloche sur la tête pour lui donner de l'oxygène. On le surveille, le pique, il a droit déjà à première radio. Le papa ne dit rien. il observe. Il sait que c'est pour le bien de son bébé. A mille lieues de ce qu'il avait imaginé...

La maman sort du bloc. Elle va bien. Elle voudrait voir son bébé . Il est dans une autre pièce. Pas tellement loin, et pourtant inaccessible. Pas de prise d'air dans la pièce. Petitou a encore besoin du précieux mélange air/oxygène. Pour les retrouvailles, il faudra donc attendre. Le papa fait le lien, en attendant, parcourt le couloir qui sépare la maman de son enfant.

Petitou respire de mieux en mieux. Il va vite se sevrer de l'oxygène. L'équipe de nuit, fraîchement arrivée est déjà débordée : un bloc à nettoyer, une autre femme sur le point d'accoucher... Petitou pourrait sortir de sa cage en plexiglas, il va bien, il respire comme un grand, et a une jolie couleur. Mais pas le temps. Papa et maman patientent. Maman se languit de voir son petit. Moi, j'ai le nez dans mes dossiers où il me reste tout à faire, à remplir tous ces papiers, pour que les petitous nés soient déclarés. J'aimerai me lever, aller m'occuper de petitou, mais il est déjà tard. J'ai aussi envie de rentrer serrer dans mes bras mes petitous à moi. La rencontre se fait enfin, sans moi. Une collègue s'est occupée de le libérer, et de le laisser enfin sur sa maman.

22:00 : Les papiers sont enfin terminés. J'ai l'impression d'en avoir oublié. Mais je n'en peux plus. Mon nez va exploser, je ne peux plus respirer, et je sens que je suis fièvreuse. Il est temps de rentrer. Je passe faire un petit coucou à la première dame accouchée, avec son bébé tendrement assoupi sur son coeur. Elle me remercie. " la sage-femme, c'est important, quand même" me dira- t-elle. Elle sait que j'ai été contrainte dans mon travail aujourd'hui par le docteur, pour une histoire de périnée à couper. Le papa a bien remarqué que je l'ai fait à contrecoeur, sur les ordres du docteur. J'espère juste qu'elle ne souffrira pas trop de ce geste dont on aurait certainement pu se passer.

Passage éclair dans la pièce au dauphin, où les jeunes parents sont revenus, pour surveillance après la césarienne. La maman est soulagée, son bébé contre elle. Elle s'inquiète de mon état, me voit si lasse et si enrhumée. ça me fait plaisir qu'elle s'inquiète pour moi. Après tout, je me suis inquiétée pour elle toute la journée. Ils me remercient aussi chaleureusement, et je sais que c'est sincère. La naissance de leur bébé a été complètement différente de ce qu'il avaient imaginé. Mais bébé est là. Il va bien. Tout le monde dira que c'est le principal " la mère et l'enfant vont bien ". Mais à quel prix ? Il faudra du temps à cette jeune maman pour se remettre de ses émotions, de sa déception et de sa culpabilité. Heureusement son compagnon est là. Tellement patient, encourageant et enveloppant d'amour.


Une fois changée, je pars le coeur lourd de cette journée intense. L'air frais me surprend et me fait du bien. Mais une fois de plus; je me pose LA question : Ce métier est-il tellement bien ?Il y a quand même beaucoup d'inconvénients et peu d'avantage. Les avantages sont certes très gratifiants: un beau bébé, en pleine santé. Des regards emerveillés, des remerciements . Mais à côté ? Toute cette lourde responsabilité, ses horaires décalés, ce salaire ridicule ...

Je ne sais plus trop si je veux continuer ce beau métier, tel que je peux aujourd'hui le pratiquer.

Et pourtant, il paraît que c'est le plus beau métier du monde...






Rémy, le lendemain de sa naissance, à la maison.

samedi 21 mars 2009

Mélancolie

Mélancolie du week-end. Mélancolie qui revient à la charge après quelques mois de tranquilité. Mon esprit est ailleurs. Je cogite encore et encore...




Je rêve de pouvoir supporter avec le sourire et l'aplomb de supernanny mes trois monstres, qui ont bien remarqué que je ne suis pas tout à fait là et qui en profitent.

Je rêve de vacances, de repos, enfin, de vrai repos, sans linge à laver ni bouffe à préparer ni lave-vaisselle à vider, ni maison à laver, ni bain à préparer, ni loupiots à laisser.

Je rêve de discussions conjugales autres que l'état des comptes, les dépenses à prévoir et sans le défaitisme actuel qui règne dans beaucoup de foyers.

Je rêve à la fois de rester, ou de partir si le temps se gâte trop. Mais où, comment ?

Je rêve de travailler en paix, et pour longtemps, mais pas complètement, pour avoir du temps avec les enfants, et sans demander d'aide toujours aux grands-parents.

Je rêve à la maternité idéale, où chaque personne serait respectée dans ses compétences, sans être jugé à tout bout de champs. Une maternité où il ferait bon travailler, sans être surchargés, pour avoir du temps pour accompagner tous ces couples dans l'événement le plus fabuleux de leur vie. Avoir du temps pour les respecter, sans les brusquer, laisser venir leur petit, patiemment, sans être dérangés par tout, tout ce qui me pèse au quotidien et qui sera encore pire dans quelques mois.




Je rêve d'avoir encore un peu d'espoir. Je rêve d' être optimiste, de pouvoir me dire que tout va bien aller, que le changement a du bon.
Mais non.


Je ne peux pas.


C'est un jour sans.


Sans optimisme, sans courage, sans joie.


Un jour à pleurer.


Et j'ai bien peur que cela ne soit pas le dernier.

samedi 14 mars 2009

Peinture

En mère (très) indigne je rechigne souvent à sortir la peinture , les tampons, ou la pâte à modeler pour occuper les rejetons lors d'un jour chômé pluvieux, à mourir d'ennui.
De peur, certainement, qu'il y en ait plus sur la nappe ou sur les murs que sur les feuilles. Malgré tout, l'autre jour, j'ai consenti, devant deux paires de petits yeux implorants, à sortir tout l'attirail: Pinceau, peinture, gobelet, journaux pour protéger la nappe, tablier pour Rémy. J'ai même retrouvé de la peinture que je ne me souvenais plus d'avoir acheté ( mère indigne n'est pas qui veut !)
Quentin était parti avec son père pour des tâches très masculines, et c'est donc les deux plus petits qui s'en sont donnés à coeur joie.

Les pinceaux n'ont bientôt plus suffi... A pleines mains, c'est beaucoup plus rapide et pratique. Le mélange des couleurs est encore plus beau et intense . Laura n'a pas mis longtemps pour se faire de la peinture une véritable crème pour les mains.


Rémy,lui, a eu un brin d'hésitation. Qu'est-ce donc que cette matière gluante, colorée de surcroit ? Mais les doute a été de courte durée. Il a trempé, en homme prudent un doigt, puis l'a essuyé sur la feuille, en me jetant furtivement un regard pour voir si je n'allais pas le gronder. Devant mon approbation de maman gaga " oh oui, c'est bien mon Rémy, vas-y... Quel beau dessin !"il s'est laissé aller à y tremper toute la main, puis la deuxième...pour finalement être très fier du résultat.



Mes deux loulou se sont bien amusés. Et moi aussi, je dois bien l'avouer.

Avec bonheur, il n'y a eu aucun débordement. Aucun dommage constaté. Aucune trace sur les murs, ni le sol. Seulement les journaux protecteurs à jeter.

Vais-je me réconcilier avec la peinture ?

C'est décidé : la prochaine fois, je les laisse faire de la pâte à modeler !

mardi 10 mars 2009

le canapé violet






Il est usé... jusqu'à la corde. Et pourtant, il n'est pas si vieux, 4 ans, grand maximum. C'est d'abord sa couleur qui avait séduit, puis son prix. Un rabais était fait, une ampoule, explosée, avait dégouliné, et l'avait tâché, déjà dans le magasin. Cétait vraiment sa destinée. Car depuis, les tâches ne sont plus à compter : de toutes sortes, de toutes tailles, parfois douteuses parfois franches, telles le trait d'un gros feutre indélébile. Au début, je m'évertuais bien à le frotter, pour lui faire retrouver sa netteté originelle. Il était même plutôt coopérant ... Mais lui aussi est de plus en plus fatigué, ses coussins sont défoncés, ainsi qu'un de ses accoudoirs, cassé. Malgré tout, il est le terrain de jeu préféré des enfants : à la fois cabane, refuge ou coin punition, ils finissent toujours par attérir dessus...Les coussins volent à la première occasion, et son assise est large, idéale pour sauter, haut, si haut .
Ce vieux canapé... il est peut-être un peu passé, mais je continue à l'aimer. Et puis, changer de canapé, maintenant ? Avec des loulous bien décidés à s'en servir comme d'un trampoline, ce serait risqué, insconscient, même !

Alors on va encore le garder, le recouvrir quand il y a des invités, histoire de le cacher. Et les loulous pourront encore sauter, ou bien s'y reposer. Rien de tel qu'un vieux canapé où l'on peut s'enfoncer.Un canapé que l'on n' a plus peur de cabosser, d'abimer. Un canapé sur lequel on peut manger sans avoir peur de tacher. Un canapé où finalement tout est permis, sans avoir peur de devoir se fâcher, et disputer.

Il va encore avoir quelques belles années, notre canapé.

Il faut en profiter.

samedi 7 mars 2009

Et tombe la neige...



La neige était bien tombée deux ou trois fois cette année. Mais cela n'avait pas suffi à faire de la luge ou un bonhomme de neige : planning de papa et maman surchargés, la neige avait fondu avant même d'avoir pu y penser. Les petits voulaient de la neige. Mais une fois de plus, les vacances décalées des petits et des grands semblaient ne pas vouloir laisser la place à un séjour prolongé en montagne. Alors louloupapa a eu une idée : il suffisait de quelques heures de voiture pour aller au plus prêt, goûter à la neige du Jura. J'étais moins partante: cette journée enneigée, coincée entre deux jours de travail m'a éreinté d'avance. Rien que d'y penser ou de l'imaginer, déjà, j'étais fatiguée. Mais vraiment, là, ça devenait urgent. La nature commence déjà à se réveiller de son sommeil hivernal prolongé, et si on tarde trop, le Jura aura perdu tout son manteau blanc. Alors j'ai accepté.
Le lundi matin,le réveil a sonné non pas pour aller travailler, mais pour aller contempler les montagnes enneigées. Peu de matériel à vrai dire: une combinaison de ski flashy un peu petite pour Laura, qui avait appartenu à son frère , des anoraks, des bonnets de tous les jours, et surtout ma paire de moon boots à poils noirs, qui n'a pas failli à son devoir : mes petits pieds sont restés bien au chaud malgré une couche de neige de 20 cms parfois!!!
Le trajet a été certes un peu long pour les petits impatients , mais au final, la neige était là et bien là . Sitôt arrivés sur les lieux repérés par louloupapa, quelques descentes de luge ont déjà bien calmé les petiots, très excités à la vue de la neige. La descente, c'est cool, mais la remontée l'est moins !
J'ai retrouvé le plaisir de la luge moi aussi, sur la même luge qui m'avait fait glisser enfant puis adolescente, et rafraîchie par les hommes avant le départ. Laurinette avait trouvé une luge à elle seule : sa combinaison !!! Une fois sur les fesses, ou sur le ventre, elle avait transformé la piste de luge en tobbogan géant.
Sans oublier, assoiffés, de manger quelques boules de neige pour se réhydrater ! Après un bon repas, et encore quelques descentes l'après-midi, le retour a été très calme... Tous les petits se sont endormis, harassés après cette journée froide et si amusante. Bien fatiguée aussi, je me suis laissée bercer par le doux roulis de la voiture.
C'était une très belle journée, sous la neige, dans la neige.
Les petits étaient ravis, et moi aussi.
A refaire, sans nul doute .

jeudi 26 février 2009

Petites gouttes d'eau salées...

Larmichette, larme de crocodile..tout dépend.

De l'intensité de la dispute, de la bagarre, ou de la douleur.

De la violence, de l'injustice ou de l'insupportable.

Petite larme qui roule sur la joue. Parfois accompagnées par d'autres, tout ausi salées.
Gros chagrin, petit chagrin, ou caprice, elles sont là, et coulent parfois à flot.
Le pouce dans la bouche, une fois les cris finis, elles continuent leur descente sur les joues rebondies. Jusqu'à ce que la douce main de maman vienne les essuyer tendrement.



Les larmes peuvent alors s'arrêter de couler.

Voilà le temps du Câlin . Du réconfort, de la tendresse et des bisous sur les petites joues mouillées.

Les joues enfin séchées, le chagrin oublié, on peut recommencer, à rire, s'amuser et se chamailler.

Parfois pour longtemps, parfois non.

Et les petites larmes reviendront encore et toujours témoins de la tristesse.

Pour émouvoir le coeur de maman, et lui faire ouvrir ses bras pour un câlin, évidemment.